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Theatre of Tragedy est un groupe norvégien qui fut à l’origine de tout un genre, le métal
gothique qui opposait une voix féminine angélique à des grognements masculins empruntés au death-metal, et ce dès 1995, avant Tristania, Within Temptation, After Forever, il fait partie des
vénérables anciens aux côtés de Paradise Lost, Anathema ou Moonspell. Pour son septième album, le groupe se paie le luxe de ne puiser ses influences que dans son impressionnante discothèque. Il
faut dire qu’il y a de quoi faire, le groupe ayant eu des périodes plus atmosphériques (“Aegis”), électroniques (“Musique” et “Assembly”) ou plus rock goth (“Storm”). “Forever is the world”
emprunte des éléments à toutes ces périodes, parfaite synthèse d’une carrière brillante bien que chaotique. Ainsi, on retrouve des grunts, et des pianos désabusés, orchestrations symphoniques,
des effets électroniques qui se combinent à des riffs souvent lourds, parfois carrément oppressants (“Revolution”, “Hide and seek”). Si “Storm” marquait un retour des Norvégiens vers des
atmosphères plus sombres, “Forever is the world” pousse plus loin et devient ténébreux, retour aux sources de ce qui fit la renommée du groupe. Cet album noir se veut aussi plus
introspectif et moins flamboyant, le contraste avec les derniers Epica par exemple est frappant, TOT restitue des émotions fragiles et intériorisées, les laissant toutefois exploser comme des
bulles qui remonteraient à la surface comme sur “Transition”, ou en crescendo sur “Hollow”. Les guitares sont principalement rythmiques, ce sont surtout le chant féminin et le piano qui tissent
la trame fine des mélodies, piano dont les lignes sont absolument superbes tout au long de l’album, ce qui fut également l’une des marques de fabriques dès la genèse du combo. Retour partiel aux
ambiances électro avec “Astray”, où Raymond retrouve son chant clair presque murmuré. Comme sur le précédent opus, la chanteuse Nell (ex The Crest ) exécute une prestation sans failles,
techniquement et émotionnellement. La production de Alexander Møklebust est parfaite, gros son pour les guitares et les basses et nuances bien rendues pour les synthés et
les cordes, le mix est sans bavures.
Theatre of Tragedy a pris son temps et cela se sent, il n’y a pas de points faibles dans ce disque, mais certains morceaux exigeront davantage d’immersion pour être appréciés tandis que d’autres sont plus immédiats, un album qui fait du bien de suite mais qui saura se faire apprécier sur la durée.
Distribution : AFM 2009
Durée : 10 titres, 49’
Web : www.theatreoftragedy.com
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